Avant, j'étais un garçon.
Je croyais cette époque révolue. Celle où j'étais un garçon. Durant les 9 premières années de ma vie, je n'étais peut-être pas Adèle aux yeux des autres, mais Adel.
Avec le recul, j'ai facilement identifié les causes de ce quiproquo.
La première: mes cheveux. Ma mère était bien trop feignante pour me coiffer, alors j'ai eu droit à la coupe à la garçonne, ou quand la chance me souriait, c'était la 'coupe au bol' ou un 'carré'
Et la seconde cause : mes vêtements. J'ai eu l'immense privilègede récupérer les fringues de mon aîné. Pas de chance, c'est un garçon ! Et aussi de mes cousins et autres connaissance, ayant grandis dans les 80's... Rien de très 'girly' !
Et c'est ainsi que pendant les 9 premières années de ma vie, j'étais un garçon.
Ne croyez pas que fabule et que je prends pour une victime ! J'ai des preuves !
On demandait à mon frangin comment allait son petit frère, on me disait merci jeune homme quand je donnais la monnaie...et je me souviens d'une anecdote pire encore !
Je devais être en Ce1 ou Ce2. Dans la cours de récréation, on jouait à Chat. Les garçons étaient les 'chats', les filles 'les souris'. Je courais vers les toilettes des filles qui étaient la maison quand un instituteur m'attrapa par la manche et me cria : " Qu'est ce que tu fais là toi, tu as pas le droit de rentrer dans les toilettes des filles " - " Mais j'suis une fille, et c'est la maison ! " - " Ne te moque pas de moi ".
Et j'ai passé la fin de la récrée, punie et par terre, à côté de l'instituteur assit sur son banc.
Après cela, j'ai décidé de me laisser pousser les cheveux !
Mais comme je disais je croyais cette époque révolue ! Après le jour de mon don du sang où on m'annonce que mon taux d'hémoglobine est aussi élevé que celui d'un homme, l'histoire se répète.
J'avais rendez-vous dans un cabinet médical. Le médeçin entre et annonce : " Monsieur Laplubelle ?! ".
Choquée je lui répond que c'est Mademoiselle ! Elle s'excuse en prétextant qu'ils se sont trompés avec mon prénom !
Quand j'y repense, j'aurai du répondre avec une grosse voix muée, les autres patients dans la salle d'attente aurait fait une drôle de tête !
Mon destin se poursuit et j'attends sans impatience la prochaine fois qu'on me prendra pour un homme !